Dans la société du numérique et de la connaissance vers laquelle et dans laquelle nous évoluons, toutes les dimensions identitaires des individus sont mobilisées comme savoirs et savoir-faire au travail et hors travail, dans l’entreprise et chez soi, à domicile et en mobilité.
On constate en effet que les utilisateurs des nouvelles technologies d’information et de communication construisent des enjeux identitaires forts dans cet usage. Ces enjeux identitaires s’expriment dans de nouveaux rapports au temps, à soi, aux autres, au territoire, à l’action, à l’organisation, au savoir, au pouvoir, au marché. Ces nouveaux rapports se caractérisent par la présence de paradoxes qui font exister ensemble des phénomènes et des valeurs considérés auparavant comme incompatibles,comme contradictoires .
L’utilisateur veut, à la fois, gagner du temps et perdre du temps, rendre publique son intimité et rendre intime l’espace public, vivre séparé –ensemble avec les autres, associer l’espace réel et l’espace virtuel, bien réaliser une tâche et plusieurs tâches en même temps, associer une organisation anticipée et une organisation de dernière minute, associer raisonnement déductif et raisonnement inductif, vivre un rapport de maîtrise et de compagnonnage à la technique, mêler le payant et le gratuit.
Enjeux identitaires et paradoxes constituent donc les clefs de compréhension du nouveau procès de création de valeurs économiques, sociales et culturelles dans la société du numérique. Pour innover aujourd’hui dans "le sens de l’usage", il faut bien comprendre ces paradoxes et s’appuyer sur eux pour "penser paradoxal" en conception d’innovations technologiques.
